mercredi 8 octobre 2014

L'art de chercher l'attention en politique

Bonjour amis souverainistes,

Un des besoins fondamentaux dans la vie de tout être humain est ce désir d'être reconnu à tout prix. Certains des plus grands criminels sont prêts à commettre leurs actes juste pour faire la première page des journaux. Il en va de même des politiciens, qu'on surnomme parfois à raison des petits kids Kodak. Ils sont toujours là pour prendre des photos pour se faire bien voir.

D'autres lancent des bombes médiatiques, des nouvelles quoi? Par exemple, des accusations gratuites ou des allégations malfaisantes (le but était de faire mal) contre un politicien ou contre un parti. Quelques exemples:
  1. Une semaine avant la fin de la campagne électorale, Alain Gravel nous révèle en grande pompe l'affidavit d'un détracteur anonyme qui prétend ceci ou cela, aucun moyen de vérifier ses dires, mais qu’importe le mal est fait et le but visé est largement atteint. Aucune suite n'y sera donnée, hormis la crédibilité d'Alain Gravel qui en sera entaché à tout jamais.
  2. Jacques Duchesneau, alors député, qui lance des insinuations malveillantes à l'endroit d'André Boisclair, alors délégué général à New York pour le Gouvernement en place. Ici, la cause se retrouve devant les tribunaux pour diffamations et atteinte à la réputation.
  3. Christine St-Pierre avance des allégations non fondées contre l'utilisation des fonds publics de Jean-François Lisée, alors qu'il était ministre des Relations internationales, et qui a dû se rétracter devant la menace d'être elle aussi poursuivie. Sage décision de sa part.
  4. Jean-François Lisée qui met sur la place publique devant les médias son malaise personnel envers un collègue qui détient un actionnariat important dans le monde médiatique au Québec. Ici aucune rétractation ni aucune poursuite en vue, mais le mal est fait et le but est visé.
C'est à se demander si le besoin de se faire valoir est plus important que de servir une cause. En effet, ces opérations de salissage servent qui au juste, et à quelle fin? Un être le moindrement au courant de la « game » qui se joue au Parti Québécois pour l’obtention du titre suprême saura assez rapidement déceler les stratagèmes de ces actions aussi mal calculés que prévisibles.

Il ne faut pas être scandalisés de voir de telles choses arriver, cela s'est fait lors de toutes les campagnes à la chefferie de tous les partis et de tout temps. Par exemple, les campagnes de Robert Bourassa en 1970, de Pierre-Marc Johnson en 1985, de Jean Charest en 1998, d'André Boisclair en 2005, de Pauline Marois en 2007, de Gilles Taillon en 2009, de Philippe Couillard en 2013 ont toutes menées à des rivalités permanentes par la suite. Que ces élections comme chef aient été des couronnements ou de véritables campagnes à la chefferie, le résultat est à peu de choses près le même, des inimitiés sont nées.

Ici le cas de figure est différent, la tactique qui a su faire perdre les élections au Gouvernement minoritaire du Parti Québécois est utilisée par de petits politiciens qui n'ont d'envergure que leur égo et leur soif du pouvoir. En bref, se servir avant de servir.

On pourra faire miroiter que la question de détenir du contrôle dans les médias se pose, il n'en demeure pas moins que la poser uniquement contre un unique candidat, et de son camp par surcroit, est plutôt disgracieux et de très mauvais goût. Les gens éclairés ne lui pardonneront jamais.

On se souviendra de la véridique phrase lapidaire de Jacques Parizeau le soir du référendum de 1995, elle est encore dans les mémoires de tous et elle lui collera à la peau toute sa vie durant. Pas parce qu'elle était fausse, au contraire, les faits ont été corroborés et prouvés, mais parce que le message était donné de la mauvaise façon et surtout au mauvais moment. Dans l'émotivité d'une telle soirée, le silence aurait été d'or.

La sortie médiatique de Jean-François Lisée arrange bien des gens, notamment les adversaires libéraux qui voient d'un très bon œil le braquage des projecteurs médiatiques sur autre chose que leurs propres incompétences et qui demeurent à l’abri, bien pénard dans l'ombre de cette saga offerte par l'ennemi péquiste.

Le mal est fait, le but est atteint, mais voyons les effets pervers à présent. La Coalition Avenir Québec surfe sur cette manne également et elle enclenche une véritable chasse aux sorcières dont elle est la marque de commerce depuis toujours. Québec Solidaire se régale aussi de manger une autre bouchée du Parti Québécois, une occasion en or gracieuseté de qui? Québec Solidaire est solidaire de toutes les causes pour autant que ces causes soient de nuire au Parti Québécois et de rien d'autre.

Les médias fédéralistes, eux? L'omnipotence de GESCA et de RADIO-CANADA qui nous martèle ad nauseam leur propagande fédéraliste trompeuse et mensongère à tour de bras et à chaque occasion. Ça, c'est correct! Mais un Pierre-Karl Péladeau qui dit simplement le poing en l'air: «on veut un pays» et là, c'est inadmissible, il faut le réduire au silence. C'est odieux! Quel scandale! Quelle infamie! Vite qu'on allume le bûcher! Ce n'est pas nécessaire, nos amis du Parti Québécois s'en chargent!

Les grands perdants dans tout cela sont:
  1. L'image de la cause souverainiste.
    Elle est encore entachée par quelque chose qui vient de notre propre camp. Se donner des munitions c'est bien, les fournir à l'ennemi c'est très mal calculé, voire stupide. Comme si notre pente à remonter n'était pas assez ardue, qu'il faut aider l'ennemi en lui prêtant notre flanc une fois de plus!
  2. L'unité du Parti Québécois.
    Vous aurez beau faire tout les colloques, congrès, Conseil nationaux que vous voudrez pour vos flatter les bedaines entre vous, vous dire comment vous êtes bons et comment vous êtes fins. Ça ne passe pas la porte de votre assemblée et dans la population, les "outsiders" que nous sommes, nous voyons la discorde et le manque de cohésion et nous avons de la difficulté à vous croire être une si bonne équipe telle que vous voulez nous faire accroire.
  3. La crédibilité d'un homme.
    Un homme qu'on pensait être notre allié. Mais puisque son questionnement personnel est devenu savamment public par un beau vendredi après-midi, par hasard juste avant le Conseil national du Parti Québécois, tout cela nous laisse de glaces.
    Comble de la suffisante et du mauvais "timing", il annonce en grande pompe la sortie de son livre, pour nous expliquer, à nous les ignares qui n'avons rien compris, les pourquoi et les comment de la défaite électorale.Un livre qui passionnera assurément un Jean Lapierre friand de ce genre de munition pour encore plus nous enfoncer notre petitesse dans notre coeur meurtri.

Quand la faim est plus grande que la fin, on assiste à ce genre d'enlisement dans vous savez quoi.






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